Soudan
Présentation : Les activités d'EMDH au Darfour (Camp d'Abu Shouk)
Vidéo - Débat de France 24 - L'affaire de l'Arche de Zoé
La Convention Internationale des Droits de l'Enfant a été ratifiée par le Soudan le 3 août 1990
Pendant plus de vingt ans, de 1983 à 2005, le Soudan a été en proie à une guerre civile entre le Nord et le Sud qui a fait plus de 2 millions de victimes et provoqué le déplacement de plus de 5 millions de personnes. En janvier 2005, des accords ont été signés et laissent espérer une période de paix plus durable. Néanmoins, le sud du pays est à reconstruire, avec une administration nouvelle et des services de base quasiment inexistants. Près d’un million et demi de personnes dépendent encore de l’aide alimentaire et la situation sanitaire des populations reste préoccupante.
Les combats qui se déroulent depuis 2003 dans la province du Darfour sont à l’origine d’une grave crise humanitaire. Selon l’ONU, ces combats ont fait entre 100 et 2
00 000 morts et plusieurs millions de déplacés. Malgré les accords de paix signés en mai 2006, les combats et les violences continuent et poussent chaque mois de nouvelles populations à fuir leur village. Plus de 150 camps de déplacés ont été identifiés et ils atteignent leur capacité maximale : la barre des 2 millions de personnes enregistrées dans les camps du Darfour a été dépassée en janvier 2007. Avec la crise qui s’installe et les perspectives de retour qui s’éloignent, ces populations sont toujours dépendantes de l’aide humanitaire.
Les enfants sont, comme d’habitude, les premières victimes de ces drames. Confrontés à la souffrance physique et psychique, aux drames familiaux, à l’isolement social et à la violence, ceux qui ont survécu à ces épreuves ont gardé les marques d’un traumatisme profond.
Enfants du Monde - Droits de l’Homme est aux cotés des enfants de Wau, au Sud soudan depuis 1999, à la suite de la grande famine. Par ailleurs, en 2003 nos opérations se sont développées vers les populations de déplacées autour de Khartoum. Dès juillet 2004, nous avons ouvert un programme de soutien psychosocial pour les enfants arrivant dans le camp de Abou Shouk au Darfour. Nous continuons aujourd’hui de les assister.
SUD SOUDAN
Le Soudan a connu deux guerres civiles (de 1955 à 1972, et de 1983 à 2005) entre le pouvoir central et le Sud, ayant causé plusieurs millions de morts. Des négociations se sont déroulées à partir de septembre 2003 et ont abouti, le 9 janvier 2005, à la signature d’un accord de paix global et définitif. Cet accord englobe les protocoles signés jusqu’alors : sécurité, partage des ressources, partage du pouvoir, trois zones contestées (situées au Nord mais culturellement proches du Sud), cessez-le-feu définitif, modalités d’application. Par cet accord, le Sud obtient un partage du pouvoir et des richesses. Le gouvernement du Sud-Soudan bénéficie également d’une très large autonomie et doit lever sa propre armée. La formation, le 20 septembre 2005, du gouvernement d’union nationale puis du gouvernement et du parlement du sud, ainsi que des diverses commissions conjointes prévues par l’accord de paix, sont des mesures encourageantes. Mais la situation économique et sanitaire reste particulièrement inquiétante.
Soutien aux enfants vulnérables
Ville de Wau
Depuis octobre 1999
Accompagnement et suivi psychosocial, protection, santé
Bénéficiaires
EMDH travaille auprès des enfants vulnérables, âgés de 6 à 14 ans : enfants affectés ou déplacés par la guerre, orphelins, enfants des rues, enfants en conflit avec la loi.
Les femmes de la prison de Wau et leurs enfants sont également concernés par l’action de l’association.
Description de l’action
EMDH a commencé à travailler dans cette région en décembre 1999, à la suite de la grande famine de 1998. Aujourd’hui, l’activité s’organise de la façon suivante :
- Un centre psychosocial de jour, dans lequel sont accueillis les enfants identifiés parmi les plus vulnérables. Ces enfants bénéficient de soins médicaux, d’un soutien nutritionnel et d’un accompagnement social autour d’activités ludiques, sportives, culturelles et éducatives. L’objectif est de permettre une réinsertion sociale et économique rapide des enfants, via le système scolaire pour les plus jeunes ou des formations professionnelles pour les plus grands.
- Dans la prison de Wau, notre équipe tente d’avoir un accompagnement global en organisant deux fois par semaine des activités pour les mineurs et les jeunes femmes détenus. Les garçons mineurs sont autorisés à rejoindre tous les matins les ateliers de formation professionnelle de Don Bosco et un partenariat permet aux femmes d’intégrer le programme de formation agricole de l’ONG local Women Organisation for Training and Promotion (WOTAP). Un bâtiment a été construit pour accueillir des activités d’insertion et d’assistance juridique. L’équipe visite également quotidiennement les gardés à vues pour offrir les services de protection immédiats aux enfants arrêtés (nourriture, eau, soins, avertissement et accompagnement des familles).
- Des travailleurs sociaux et médicaux travaillent auprès des enfants des rues sur les marchés de la ville. Le relais de ces activités de rue s’effectue dans le centre psychosocial où les enfants peuvent se rendre librement à partir de la fin d’après-midi. Ils y trouvent un repas, peuvent s’y laver, participer à des activités ludiques et sportives encadrées, et bénéficient d’un accompagnement social pour favoriser leur réinsertion (scolarisation, formation professionnelle, médiation familiale, aide au retour…).
A la suite de la signature de l’accord de paix, les activités de protection de l’enfance dans les camps de déplacés (soutien nutritionnel, médical et éducatif) ont évolué vers un accompagnement des communautés pour qu’elles organisent la prise en charge des enfants et des femmes les plus vulnérables de leur communauté autour de programmes communautaires intégrés.
Partenaires techniques :
- Don Bosco
Partenaires institutionnels :
- Ministère soudanais des Affaires sociales
- Ministère soudanais de la Santé
- Ministère soudanais de l’Education
- Prison civile
Partenaires financiers :
- Ministère français des Affaires étrangères
- Fonds humanitaire commun des Nations unies (UNCHF)
- Programme alimentaire mondial (PAM)
- UNMIS
Centre de promotion des droits de l’enfant
Etat Bar-el-Ghazal
Depuis janvier 2006
Renforcement des capacités, protection de l’enfance
Bénéficiaires
Mis en place après la signature des accords de paix, ce programme vise aux renforcements des capacités locales en terme de protection de l’enfance (ministères, organisations locales, professionnels de l’enfance). Si les acteurs locaux sont les bénéficiaires directs de ce programme, ce sont les enfants de Wau et des villages alentours qui en sont les bénéficiaires finaux.
Description de l’action
Il s’agit de mettre à disposition des acteurs locaux un centre de ressources pour la promotion des droits de l’enfant. Il s’organise autour de :
- une section « recherche et diffusion » pour la sensibilisation aux droits de l’enfant et l’appui aux recherches ;
- une section « ressource » pour la mise à disposition de ressources documentaires et l’animation de conférences ;
- une section « formation » pour le renforcement des compétences des professionnels de l’enfance ;
- une section « orientation » pour l’identification et la coordination des services délivrés aux enfants ;
- une section « soutien aux initiatives locales » pour le soutien matériel et organisationnel aux projets de protection de l’enfance.
Partenaires institutionnels :
- Ministère soudanais des Affaires sociales
- Ministère soudanais de l’Education
- Ministère soudanais de la Justice
Partenaires financiers :
- Union européenne
Formation agricole pour les jeunes femmes et filles vulnérables
Ville de Wau – camp d’Eastern Bank
Depuis février 2007
Sécurité alimentaire, intégration sociale, santé
Bénéficiaires
Le nombre de femmes déplacées et affectées par la guerre est important à Wau, ville localisée dans l’Etat du Bahr el Ghazal où les femmes sont venues chercher refuge pendant la guerre. Le projet s’adresse à 400 de ces femmes âgées de 14 à 21 ans (veuves, séparées, incarcérées, filles-mères…) et à leurs enfants.
Description de l’action
Il s’agit de proposer un accompagnement social et économique aux femmes les plus vulnérables vivant dans le camp de déplacés d’Eastern Bank.
Outre un volet alphabétisation et sensibilisation à l’hygiène et à la santé, les femmes suivent des formations agricoles, cultivent des terres et vendent leurs récoltes. Ce volet agricole encourage également la diversité des productions locales pour améliorer les apports nutritionnels.
Les femmes sont également aidées à surmonter leurs difficultés sociales (garderie et scolarisation des enfants, soutien nutritionnel, alphabétisation…).
Ce programme intégré servira de modèle aux communautés pour les encourager à développer des projets similaires.
Partenaires techniques :
- Women Organization for Training and Promotion (WOTAP)
Partenaires institutionnels :
- Ministère soudanais de l’Agriculture
- Ministère soudanais de l’Education
- Prison civile de Wau
Partenaires financiers :
- Ambassade de France
REGION DE KHARTOUM
Janvier 2003
EMDH débute un projet à Shikan, zone située au nord-ouest d’Omdurman « squattée » par des déplacés de la guerre civile entre le Nord et le Sud. Ce projet est mené en partenariat avec une organisation nationale soudanaise, Azza Women Association (AWA). Un centre est construit où se déroulent des activités intégrées pour les familles les plus vulnérables (alphabétisation, sensibilisation, activités génératrices de revenus, microcrédits et soutien à la création d’organisations communautaires). La situation sanitaire des familles étant particulièrement alarmante, en août 2004, un service de santé primaire gratuit est proposé aux bénéficiaires des activités du centre.
En décembre 2004 et janvier 2005, le gouvernement procède à la démolition du camp de Shikan : 12 000 personnes se retrouvent alors sans abris au milieu de l’hiver. Le centre AWA/EMDH est détruit. Les gens sont partiellement re-localisés sur El Fateh, dans le désert et sans aucun service de base. Une évaluation de la situation sanitaire est menée par EMDH en partenariat avec l’Unicef, l’Organisation mondiale de la santé et le Ministère soudanais de la santé en mars/avril 2005. Les conclusions sont alarmantes. Dès octobre 2005, EMDH et AWA décident de redéployer leurs activités sur la zone d’El Fateh et ouvrent un centre de santé primaire dans des locaux temporaires avec le soutien de l’Ambassade de France, de l’Unicef et de Fonds humanitaire commun des Nations unies (UNCHF) à El Fateh, en février 2006. Le financement de ce projet par l’Ambassade de France a été renouvelé pour un an en juin 2006, aucune alternative de soins n’étant proposée aux populations.
Améliorer l’accès aux services de soins de santé primaire et à l’éducation à la santé des familles vulnérables
El Fateh/Khartoum
Depuis août 2004
Santé
Bénéficiaires
Les familles des communautés déplacées de la zone d’El Fateh représentent la majorité des bénéficiaires de ce programme. Les 2 000 familles (soit environ 10 000 personnes) qui vivent à El Fateh sont ciblées par l’action, en particulier les femmes et les enfants.
Le personnel médical intégré dans le programme bénéficie de formations régulières, afin de renforcer leurs compétences.
Description de l’action
L'objectif principal du projet est d'améliorer l'accès des familles vulnérables (déplacées et autres groupes vulnérables) aux soins de santé de base et à l’information sur l’hygiène et la santé. Les objectifs sont de :
- Réduire la mortalité et la morbidité en assurant un accès libre à des services de santé de qualité ;
- Améliorer la diffusion de l'information afin de permettre la prise de conscience des communautés sur les risques liés à la santé et l’hygiène (vaccinations, déshydratation…) ;
- Assurer une veille d’information et de communication sur les besoins et les disponibilités des services de santé dans la zone ;
- Identifier des partenaires possibles pour ouvrir des services de santé primaire permanents.
Partenaires techniques :
- Azza Women Association (AWA)
Partenaires institutionnels :
- Ministère soudanais de la Santé
Partenaires financiers :
- Ministère français des Affaires étrangères
- CHF
- La voix de l’enfant
NORD DARFOUR
La guerre civile qui touche le Darfour depuis 2003 a déjà fait plus de 200 000 morts, victimes des combats mais surtout de maladies et de la famine. Plus de 2 millions de déplacés et 230 000 réfugiés sont aujourd’hui présents au Tchad et en République centrafricaine. Cette guerre est considérée comme la plus grave crise humanitaire dans le monde. Le Darfour compte à lui seul 132 camps de déplacés dont le plus grand est Gereida qui regroupe 128 000 personnes, dans le sud du Darfour.
EMDH est présente au Nord Darfour, dans le camp d’Abou Shouk, un des plus grands camps de déplacés de la région. Il regroupe plus de 60 000 réfugiés, principalement des femmes et des enfants. Comme de nombreux camps de déplacés au Darfour, celui d’Abou Shouk a atteint sa capacité maximale et est fermé depuis mars 2003 aux nouveaux arrivants. Dans ce camp, EMDH accueille et propose un accompagnement psychosocial aux enfants traumatisés par le conflit. Des activités sportives et ludiques sont également organisées. Ce sont plus de 5000 enfants et leurs familles qui bénéficient chaque mois des actions d’EMDH dans le camp d’Abou Shouk.
Soutien psychosocial aux enfants affectés par la guerre
Camp de déplacés d’Abou Shouk, El Fasher, Nord Darfour
Depuis juillet 2004
Prise en charge des enfants déplacés
Bénéficiaires
Le camp d’Abou Shouk regroupe plus de 60 000 personnes, principalement des femmes et des enfants, qui ont fui leur village et les combats faisant rage au Darfour depuis 2003. Démunis de toute ressource, ils se sont installés dans le camp après une longue période d’errance. EMDH propose depuis 2004 des programmes d’assistance psychosociale aux enfants du camp d’Abou Shouk. La crise perdurant et les autorités ouvrant progressivement des écoles, EMDH a recentré ses activités autour des besoins des enfants de 2 ans et demi à 6 ans.
Description de l’action
EMDH a ouvert 16 centres d’animation et 1 centre psychosocial couvrant le camp et recevant 230 enfants chacun quotidiennement. Encadrés par des membres de leurs communautés formés, les enfants peuvent y jouer, apprendre et socialiser dans un cadre sécurisé et adapté à leur âge. Les enfants de 4 à 6 ans y reçoivent un enseignement préscolaire qui leur permettra d’intégrer l’école primaire. Ces centres permettent également de surveiller les cas de malnutrition et de sensibiliser les enfants et leur famille à l’hygiène et la santé.
Un centre spécialisé est consacré aux enfants les plus en souffrance, traumatisés et leur propose un accompagnement individualisé.
Le programme implique largement les communautés afin qu’elles prennent conscience des enjeux de la protection de l’enfance et développent des compétences de gestion et d’animation des programmes.
Partenaires institutionnels :
- Ministère soudanais des Affaires sociales
- Ministère soudanais de l’Education
Partenaires financiers :
- Ministère français des Affaires étrangères
- UNICEF
- CHF
- Fondation Tolkien
- Fondation Air France

